mardi 29 juillet 2014

'Locus Amoenus', a solo exhibition from the deep grotto.

Quelques images, quelques mots, tout droit sortis de l'exposition Locus Amoenus (12 juin - 24 juillet 2014) à la Galerie Da-End, rue Guénégaud à Paris. (english texts below)

De moy puisse la terre
De moy puisse la terre - Le visage de cette femme est tendu vers la cime de l’arbre et il appartient davantage à l’arbre qu’au corps. Après avoir dépassé le premier regard sur ce dessin, on voit en effet qu’il n’y a aucun rapport logique et corporel entre cette tête et la suite pied-cuisses-ventre-dos- bras-seins. Ainsi, le cou est une illusion mettant au défi notre perception d’un corps dans son entier.
Trois créatures sont donc en présence : la tête d’une femme, le corps qui appartient à la terre et l’arbre qui enserre toute cette chair en prière. Nous pouvons imaginer la prière de la femme à l’arbre :
« Relie-moi à moi-même en me reliant à toi». (english translation at the end of the article)

Vue sur l'une des salles de la galerie et la Project Room
Lever d'Aurore - Jean-Benoist Sallé
Photo courtesy Galerie Da-End
Enantiopanaxioi
Accidents naturels de l'élément plus haut
Accidents naturels de l'élément plus haut - Presque chaque élément de cette pièce participe de l’arc-de-cercle. Le dos courbé des êtres se confondant en un rituel obscur, le corps de la créature en suspension, le paysage lui-même... Seule la bête ondulante que l’on voit vers le bas semble vouloir décrire une ligne droite.
Je pense que ce dessin dit mon inquiétude face à ce qui est rectiligne et faussement stable dans la durée. Mon amour va au concave, à l’ondoyant, au fuyant. J’aime que l’on puisse sentir dans mes travaux la possibilité de la disparition. Disparition de la petite femme sans bras mais fleurie, effacement d’un rocher gravé de labyrinthes, évaporation des arbres, dilution des cieux. Ce qui s’éclipse se courbe facilement et je me nourris de l’idée que seuls ceux qui savent voir l’invisible ou le flou ont l’assurance de quelque chose qui dure au sein même de l’impermanence.
Le scorpion dans les herbes folles est la bienheureuse forme compacte que prennent les choses quand elles ont fuit, comme si la somme de toutes les choses courbées disparues se concentrait dans ce petit corps noir. On sait que le scorpion est d’une résistance à toute épreuve, aucune science rectiligne ne peut en venir à bout. (english translation at the end of the article)

La série Parages du bleu
En orée de nuit
En orée de nuit - Le bras plongé dans la petite étendue blanche centrale nous invite à la contemplation d’un corps occupé à son passage de vie à trépas, de jour à nuit. Des fils blancs viennent lécher cette créature en partance, comme pour lui murmurer les clefs nécessaires à son voyage.
La silhouette en miroir qui se trouve assise du côté gauche est le reflet de celle qui se trouve à droite et qui est, elle, sur le point de se laisser emmener par deux êtres noirs psychopompes. Un troisième être de leur espèce tient les fils blancs qui racontent et fertilisent l’histoire de celle qui part.
Les lueurs derrière les rochers tapissés de lichen en haut participent à la blancheur de l’étendue lactée en bas : si la sortie noire se fait par la grâce de la couleur blanche, il est impossible de dire si la sortie sera liquide ou aérienne.
Trois êtres noirs, trois blancheurs, trois incarnations de celle qui s’en va. (english translation at the end of the article)

Photo courtesy Galerie Da-End
Photo courtesy Galerie Da-End
Le reflet du serpent

English translation of the texts:

De moy puisse la terre - The face of this woman is facing the summit of the tree and it belongs more to the tree that to the woman. After the first gaze we see that there isn't any logical and corporal relation between this face and the sequence feet-thigh-belly-spine-arms-breasts. Thus, the neck is an illusion defying our perception of a whole body.
Three creatures are consequently in presence : the head of the woman, the body which belongs to the soil and the tree which surrounds all this praying flesh. We could imagine the prayer of the woman to the tree: "reconnect me to myself connecting me to yourself".

Accidents naturels de l'élément plus haut - Almost every element in this piece are related with the arc of a circle. The curved spine of the beings mingled into an obscure ritual, the body of the suspended creature, the landscape itself.. Only the hairy beast undulating in the bottom seems to draw a straight line.
I think that this work tells about my trouble regarding what is rectilinear and falsely stable. My love goes to the concave, to the undulating, to the elusive. I love that someone could sense into my works a possibility for the disappearance. Disappearance, in this case, of the tiny armless but flowery woman, erasure of a rock engraved with labyrinths, evaporation of trees, dilution of the sky. What is slipping away easily curves, and I nurture myself from the idea that only the ones who know how to see the invisible or the blurred have the wisdom of something that lasts into the mere impermanence.
The scorpion in the wild grass is this blissful compact shape that things use to dress when they have fled away, as if the sum of the curved vanished things was concentrated into the little black body. We know that the scorpion has an unfailing strength and the rectilinear science which could overcome it doesn't exist.

En orée de nuit - The arm plunging into the white central fluid invites us to the contemplation of a body working on its passage from life to death, from day to night. White threads come lapping this outgoing being, as if they were murmuring the requisite keys for its journey.
The mirror-like silhouette seated on the left side is the reflect of the one on the right being taken by two black psychopomp beings. A third creature like them holds the white threads which recount and fertilize the story of the one who goes.
The glow behind the rocks lined with lichen is born from the same whiteness than the milky central fluid: the black depart is allowed by the white but it remains impossible to predict if the depart will be fluid or aerial.
Three black beings, three whitenesses, three embodiments for the one who is leaving.

mercredi 23 juillet 2014

Conte du suave et du douloureux

La pierre dans la pierre, offertes par la vieille dame, Miette
Lunaisons
L'or qui se cache dans les plis du temps

dimanche 13 juillet 2014

vendredi 11 juillet 2014

"Down from the Rafters", par Hunder Waters

Grâce à mon ami Bertrand Secret, j'ai découvert aujourd'hui le groupe Hundred Waters, et je suis absolument folle de leur travail. Mes chansons préférées de leur dernier album sont Cavity, Chambers (Passing Train), Down From the Rafters et le sublimissime Xtalk, que je pourrais écouter jusqu'à mourir d'épuisement auditif.


vendredi 4 juillet 2014

Ecoles Kangra et Pahari

Je me sens éminemment aspirée et inspirée par le monde des peintures de l'école Kangra et par celle de Pahari. Je reviens à mes premières amours.




mercredi 14 mai 2014

Deep South

Deep South - Sally Mann

samedi 26 avril 2014

Viriditas



I am honored to be part of Viriditas, a book published by Michaela Meadow for Magpie Magazine, a meaningful and superb compendium of images and words by a selection of contemporary artists from all over the world. They express their impetus and inspiration within the idea contained in the Latin word of 'Viriditas', described by Michaela as "metaphor for the vital pulse of all things, and (its) intrinsic energy".

The book is divided into six chapters (Viriditas - Rituals - Wild Woman - Blossoming - Self - Eternal Circles), every of them introduced with brilliant texts by Michaela Meadow.

The site for Viriditas and a link to purchase it (limited edition of 500 copies).
































List of artists : 

Aëla Labbé
Alison Scarpulla
Amanda Charchian
Ana Noble
Anouska Beckwith
Brigette Bloom
Cendrine Rovini
Charmagne Coe
Colette Saint Yves
Dara Scully
Eden Nova
Ellen Rogers
Ema Ema Ema
Jeanne Madic
Kris Hatch
Leanne Surfleet
Mary Herrera
Misma Andrews
Nathalie Tacheau
Nicol Vizioli
Nomi McLeod
Prue Stent
Rebecca Cusworth
Samantha Sweeting
Sara Falli
Shana Robbins

vendredi 18 avril 2014

Expedition No.1: The Eastern Forests

I will be exhibiting this drawing as part of A secret club's group exhibition from 17th to 21st April 2014 : Expedition No.1: The Eastern Forests in Aarhus, Denmark. 
The private view will be held on Wednesday, 16th April from 6pm. (Jægergårdsgade 57, Frederiksbjerg, Aarhus)

Se rejoignent les forêts





















 
Exhibiting artists :

mardi 8 avril 2014

Jana Brike

Une fois passée la première impression visuelle (couleurs tendres et peinture lisse), les travaux de Jana Brike nous happent au moyen d'une aura vénéneuse de mystère. Ses personnages sont à la fois tendres et venimeux, frais et fatigués, juvéniles mais porteurs d'époques lointaines. On est parfois mal à l'aise en regardant ce qui se déroule sous nos yeux : liens, salive, cagoules fleuries sur la tête, culottes baissées, queues ou cornes étranges...

C'est toute une mythologie archaïque qui ressurgit et se livre sans retenue aux yeux du moderne, et ces œuvres semblent vouloir faire tomber les écailles visuelles et mentales du désenchantement et de l'aigreur stérile.






































































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mercredi 19 mars 2014

Le repas de cuivre doux

Si je pouvais prendre un repas très extraordinaire, je choisirais quelques écorces de cuivre natif sur lesquelles je laisserais couler une nappe légère d'or en fusion. Je les tremperais dans un bol de Lune chaude à peine saupoudrée de poudre de sucre de corne pointue.
Après quoi je sortirais dans le petit parc très secret derrière la tenture des broderies sauvages, et je marcherais comme en tristesse de joie inouïe.